De très nombreux systèmes permettent le maintien
d'une certaine correction du PBVE, mais aucun n'est parfait.
La plupart sont des systèmes de maintien passif alors
que d'autres tentent d'exploiter la mobilisation spontanée
du jeune enfant pour obtenir une correction active supplémentaire
(strapping, attelles de Denis Browne).
Mon fils a porté des attelles avec plaquettes confectionnées
à l'hôpital Saint Vincent de Paul.
Plaquette confectionnée à
l'hôpital St Vincent de Paul (Paris 14è)
Attelle thermoformable confectionnée
à l'hôpital St Vincent de Paul (Paris 14è)
Attention, ne pas prendre cette expérience
comme exemple, tout enfant est différent, la durée
des différentes phases de traitement peut varier de
plusieurs semaines.
Chronologie du port des attelles de mon fils :
0 - 6 mois : attelles avec plaquettes jour et nuit, 7 - 13 mois : alternance attelles longues
avec plaquettes (nuit et matin), attelles courtes avec plaquettes
(après-midi), 14 - 19 mois : chaussé normalement
en journée, attelles de nuit avec plaquettes, 20 - 28 mois : chaussé normalement
en journée, attelles courtes de nuit avec plaquettes,
29 mois à aujourd'hui : chaussé
normalement en journée, attelles courtes de nuit sans
plaquettes.
Le pied est installé sur une plaquette. Pour obtenir
la correction du pied par rapport à la jambe, la confection
d'une grande attelle est obligatoire.
En fonction des progrès obtenus et du développement
psychomoteur de l'enfant, une attelle courte est confectionnée.
Les différentes contentions ne doivent jamais
occasionner une gêne pour l'enfant. Tous les loisirs
et différentes activités de plein air sont vivement
conseillées.
Les enfants sont chaussés normalement.
Voici une description des attelles les plus utilisées
:
Cette méthode a bien été décrite
dès 1900 par R. Jones (in
Tachdjian). La peau est protégée par
de la teinture de benjoin et par deux bandes de feutre
adhésif d'une part autour de l'avant pied et d'autre
part au-dessus du genou fléchi à 90°
sur la jambe. Le "strapping" proprement dit
ou bandage adhésif extensible est ensuite appliqué
sur le feutre en l'enroulant dans le sens de la correction
du varus.
Pour accentuer l'effet correcteur, un deuxième
bandage adhésif recouvre le premier. La mobilisation
spontanée du genou de l'enfant entraîne une
correction des déformations du pied. En réalité,
le strapping, du fait du caractère extensible du
bandage, n'offre pas un maintien strict de la correction
: le système se détend très vite
et devient inefficace. Cette méthode est donc très
peu utilisée et seulement dans des formes mineures
de PBVE ou de simples pieds varus.
L'efficacité de ce type de contention est liée
à la fixation stricte du pied par des bandes adhésives
non extensibles sur une semelle ou une plaquette rigide
(en bois, en aluminium ou en plastique).
La plaquette peut être plane ou mieux incurvée
avec une concavité plantaire pour préserver
la cambrure de la plante du pied. Ses bords peuvent être
rectilignes ou mieux arrondis avec un bord interne convexe
et un bord externe concave de façon à fixer
le pied dans une position apparente d'hypercorrection.
La fixation du pied sur la plaquette peut être réalisée
de plusieurs façons, mais le but est d'obtenir
une posture stricte avec en particulier un maintien précis
du calcanéum pour éviter qu'il n'échappe
vers le haut avec un abaissement électif
de la coque talonière. De même, l'avant pied
doit être maintenu par rapport à l'arrière
pied. Les orteils ne doivent pas être oubliés.
Le pied fixé sur la plaquette est ensuite solidarisé
à la jambe ou au genou fléchi par un "strapping"
qui fait office de correction de l'équin et de
la supination
globale. le caractère extensible du "strapping"
permet théoriquement une action dynamique avec
auto-correction lors des contractions du quadriceps. En
réalité, le système se détend
très vite et ne tient pas plus de quelques heures
ce qui oblige à une surveillance constante sans
laquelle il perd toute efficacité. C'est la raison
pour laquelle le strapping est remplacé depuis
de nombreuses années par une attelle cruro-pédieuse
prenant le genou fléchi à 90° et moulée
sur le pied préalablement fixé sur la plaquette.
Cette attelle, en plâtre ou matériel léger
thermoformable, est changée ou adaptée en
fonction des progrès de la correction de l'équin
et du varus global du pied.
Ce
qui caractérise cet appareillage est la solidarisation
des deux pieds par une barre articulée ou non permettant
d'une part une orientation progressive des pieds en éversion
et d'autre part un autocorrection en éversion
d'un pied lors d'un mouvement d'extension du genou contro-latéral.
Elle peut être utilisée de deux façons
bien différentes selon que les pieds soient solidement
fixés sur des plaquettes (P. Masse) ou contenus
de façon beaucoup moins stricte dans des chaussons
moulés (méthode originale de Denis Browne
et méthode modifiée de Yamamoto).
Ce type d'appareillage n'a qu'une faible action de correction
de l'équinisme et le poids de l'attelle elle-même
aggrave l'équin. C'est pourquoi P. Masse et Daniel
avaient proposé de suspendre l'attelle de façon
à limiter cet inconvénient majeur.
Les autres inconvénients de cette attelle sont
:
- l'immobilisation du pied sain en cas de PBVE unilatéral,
- la mauvaise acceptation par les familles du fait de
la solidarisation des deux pieds.